Chasseuse cueilleuse, bergère de France

J’ai une naïveté féroce à assembler les beaux restes. Spécialiste des riens et curieuse du tout. Je chasse l’imprévu. J’épingle l’ennui et garde en moi la tradition du geste. Je transgresse cette mémoire pour apprendre des accidents, de l’hésitation. Je glane, je grappille et me laisse dériver pour saisir ce précieux inattendu. Multiplier les actes créatifs par sauts de puce, rendre poreuse la technique d’un objet à l’autre, un jeu de cadavres exquis.
Entre mes racines prolétario-hippy et la fascination qu’exerce sur moi les résidus organiques, je tente de faire vibrer les signes et de tisser un lien entre ma part primitive et des techniques sophistiquées. Artiste du sensuel, je remets en cause avec jubilation les principes d’esthétisme dans le respect d’une certaine éthique. Je cultive un « vivre comme si nous étions déjà morts » avec délicatesse et sauvagerie.
Un goût prononcé pour le jeu de mots m’amène naturellement à l’écriture de slogans  caustiques que j’incorpore à mon langage plastique proche de l’art modeste.
Je digresse  volontiers des mythes gréco-romains aux problématiques actuelles.  Je navigue parfois à l’aveugle dans la curiosité artistique en inscrivant mon travail dans l’histoire de l’art avec des références allant de Bosch à Wim Delvoye, de Boticelli à Tim Walker ou de Desproges à Greenaway. Empruntant les notions de beaux restes à Macha Makeïeff et celle de gai désespoir à André Comte Sponville, mon travail est polymorphe : Liberté liberté chérie. Ce qui m’enrichi, enrichi de fait ma production.
Dalida le dansait, je me balade dans la vie comme en vacances, j’erre dans des itinéraires choisis et hasardeux pour glaner l’infamie à la façon des chasseurs d’images. Je vise et je touche.

Lucie Bayens, mars 2011.

 

pratique
photographie, arts plastiques
site web
http://leconoglam.blogspot.com/

contact
luciebayens@gmail.com

 

Lucie Bayens, Variation autour du mythe d’Eros et Psyché II. Lucie Bayens, Variation autour du mythe d’Eros et Psyché II.