J’ai une naïveté féroce à assembler les beaux restes. Spécialiste des riens et curieuse du tout. Je chasse l’imprévu. J’épingle l’ennui et garde en moi la tradition du geste. Je transgresse cette mémoire pour apprendre des accidents, de l’hésitation. Je glane, je grappille et me laisse dériver pour saisir ce précieux inattendu. Multiplier les actes créatifs par sauts de puce, rendre poreuse la technique d’un objet à l’autre, un jeu de cadavres exquis.
Entre mes racines prolétario-hippy et la fascination qu’exerce sur moi les résidus organiques, je tente de faire vibrer les signes et de tisser un lien entre ma part primitive et des techniques sophistiquées. Artiste du sensuel, je remets en cause avec jubilation les principes d’esthétisme dans le respect d’une certaine éthique. Je cultive un « vivre comme si nous étions déjà morts » avec délicatesse et sauvagerie.
Un goût prononcé pour le jeu de mots m’amène naturellement à l’écriture de slogans caustiques que j’incorpore à mon langage plastique proche de l’art modeste.
Je digresse volontiers des mythes gréco-romains aux problématiques actuelles. Je navigue parfois à l’aveugle dans la curiosité artistique en inscrivant mon travail dans l’histoire de l’art avec des références allant de Bosch à Wim Delvoye, de Botticelli à Lynch. Empruntant les notions de beaux restes à Macha Makeïeff et celle de gai désespoir à André Comte Sponville, mon travail est polymorphe : Liberté liberté chérie. Ce qui m’enrichit, enrichit de fait ma production.
Dalida le dansait, je me balade dans la vie comme en vacances, j’erre dans des itinéraires choisis et hasardeux pour glaner l’infamie à la façon des chasseurs d’images. Je vise et je touche.
Lucie Bayens, 2011.
HUNTRESS, HARVEST GIRL. BERGÈRE DE FRANCE.
I hold a fearless naivety in putting together the fine leftovers. Ace of the nothingness, curious about the everything. I hunt the unexpected. I hold the boredom down and keep the tradition of the gesture in me. I break that cognizance so I can learn from accidents, hesitation. I pick out, I glean and I let myself drift away so as to catch this precious unforeseen. Multiplying the creative actions in short hops, making porous the technique from one item to another, a game of exquisite cadaver.
Halfway between my proletarian-hippy roots and the fascination the organic wastes have grown upon me, I try to make the signals vibrate and
also create a link between my primitive habits and several sophisticated techniques. As a member of the sensuous artists, I gleefully challenge the standards of aestheticism respecting some sort
of moral values. I promote a kind of “living like we’re already dead” with delicacy and savagery.
My strong taste for play-on-words naturally leads me to the writing of sarcastic slogans that I add to my plastic language, the latter being close to art modeste.
I drift willingly from the Greco-roman myths to the current issues. I sometimes navigate visually to the artistic curiosity putting down my work inside Art history with references going from Bosh
to Wim Delvoye, from Botticelli to Lynch. Borrowing the concept of the fine leftovers from Macha Makeïeff and the idea of blithe despair from André Comte Sponville, my work is
polymorphous: Freedom,
Freedom darling. What
enhances me enhances therefore my production.
As Dalida used to dance it, I wander around in life just like on holidays, I drift inside chosen and venturous paths so that I can glean the infamy the way some picture hunters would
do. I aim and I strike.
Lucie Bayens, 2011.
pratique
photographie, arts plastiques
site web
http://luciebayens.com/
contact
luciebayens@gmail.com